Samedi 6 février 2010 à 11:21

Rejetons.

   Christophe, attendant impatiemment le coucher de ce stupide soleil, grimpa pardessus un muret à moitié effrité et se tapit dans une douce pénombre qui grâce aux vieilles pierres lui offrit un peu de fraicheur. Il s’étonna de voir un endroit qu’il ne connaisse pas, et commença à décortiquer le décor corrompu par l’humidité. Le sol au pied du mur était recouvert d’un humus sentant la forêt, et entre les dalles de béton fissurées poussait une mousse qui avait l’aspect d’un véritable tapis d’orient.

Dimanche 31 janvier 2010 à 15:31

Emprunts.

"L'argent est un bon serviteur mais un mauvais maître"
                           Jean-Benjamin de Laborde.

Vendredi 29 janvier 2010 à 15:48

Emprunts.

Sous les ifs noirs qui les abritent,
Les hiboux se tiennent rangés,
Ainsi que des dieux étrangers,
Dardant leur œil rouge. Ils méditent.

Sans remuer ils se tiendront
Jusqu'à l'heure mélancolique
Où, poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s'établiront.

Leur attitude au sage enseigne
Qu'il faut en ce monde qu'il craigne
Le tumulte et le mouvement ;

L'homme ivre d'une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D'avoir voulu changer de place.

Baudelaire - Les Fleurs du Mal

Vendredi 29 janvier 2010 à 15:42

Faits.

J'ai eu 18,5 à ma dissertation de français type Bac.

Jeudi 21 janvier 2010 à 22:36

Place aux artistes.

A LA MÉMOIRE DE FEDIA DOBROVOLSKI
http://hazel.cowblog.fr/images/1043185.jpg
Nous continuons à vivre,
Nous lisons nos vers,
Nous contemplons les étoiles
sur la couverture des magazines,
nous épions nos amis
lorsqu'ils reviennent à travers la ville
dans le tramway tremblant et gelé,
Nous continuons à vivre.
 
Parfois nous apercevons les arbres
qui
de leurs mains noires et nues
portent le fardeau sans fin du ciel
ou se rompent sous le poids des astres
et se perdent la nuit sur la terre des rêves.
Nous apercevons les arbres
renversés sur le sol,
nous continuons à vivre.
Et nous, avec qui tu parlas si souvent
de la peinture contemporaine,
 
Et nous avec qui tu bus
de la bière
au coin de la Nevski,
nous ne parlons guère de toi,
et lorsque nous pensons à toi
nous commençons à nous plaindre,
à plaindre nos dos voûtés
notre cour qui trébuche
et bafouille
dans la cage thoracique
dès le troisième étage,
et nous voyons le jour
où ce cœur va s'affoler
et l'un d'entre nous alors
ira s'étendre à huit kilomètres
à l'occident de ton corps,
laissant tomber ses livres
sur le trottoir d'asphalte sale
et de son dernier regard il verra
le mur fortuit d'une maison de pierre
les visages inquiets du hasard
un flocon de ciel,
pendu aux fils électriques,
de ce ciel
qui s'adosse aux arbres
et que nous apercevons parfois...


traduit par Jean-Jacques Marie (Éditions du seuil)
Et je tiens à préciser qu'en français c'ets ignoblement moche et fade comparé au russe..

http://hazel.cowblog.fr/images/mb16.jpgJoseph Brodsky et sa femme Maria Sozzani.

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